Técas, Tia Lala, Dom Pedro et Ariet vivent à Paris. Ils sont issus de la diaspora angolaise. Chacun et chacune raconte à sa manière – entre deux rives – ce qui les lie, ce qui les déchire, ce qui les meut.

Carte blanche de l’Alliance Française de Luanda.
Avec le soutien de l’ambassade d’Angola en France et du consulat d’Angola à Paris.

De quoi est faite la vie des femmes ?
De non-dits, de récits murmurés, d’histoires qui ne se racontent pas : les journées interminables, le soin porté aux autres, les nuits d’amour et celles d’angoisse. Pour déchirer ces silences, Nadège Abadie est partie à la rencontre d’une centaine de femmes nées au début du xxe siècle. Ensemble, elles nous rappellent que c’est dans le quotidien que se joue l’essentiel, que c’est dans leurs épreuves ordinaires qu’ont émergé nos droits : notre liberté de voter, de travailler, de se vêtir comme on le désire, d’accueillir un enfant ou pas, d’aimer qui l’on choisit, de s’affranchir.
Chaque chapitre est un lieu habité par ces femmes, où se sont cristallisés le drôle et le tragique de l’existence, son bonheur et son horreur. Suzanne s’est tirée dans le ventre avec une carabine pour échapper à une grossesse ; Monique se souvient des insultes qu’elle a reçues en proposant une loi qui criminalise le viol ; Mireille voyage seule depuis qu’elle a osé demander le divorce.

Avec poésie, elles parlent des choses communes, de ce qui est, de ce que nous sommes, de ce qu’on leur doit.

Flammarion, Paris, 2022.
8 photos couleurs
134x204mm | broché
240 pages
ISBN 9782080283801

Silences d’exils est une expérience humaine et poétique. De 2016 à 2019, Nadège Abadie et Marina Skalova proposent des ateliers d’écriture et de photographie à des hommes et femmes exilés en Suisse. Une recherche autour de la langue et sa perte, la parole et son absence, le mutisme et la disparition. Dans ce tissage subtil, les éclats de voix plurilingues convoquent les souvenirs de l’auteure et le regard de la photographe. Leurs gestes artistiques se rencontrent pour garder trace des passages, dire le manque. Tout en posant la question: qu’est-ce qui reste ?

Éditions d’en bas, Lausanne, 2020.
40 photos couleur
170x240mm | relié
168 pages
ISBN 9782829006029

Lucette, Jenny, Flora, Camille et les autres sont nées au début du XXe siècle. Elles ont traversé le XXe siècle, siècle de chamboulement pendant lequel la femme, citoyenne de seconde zone est devenue citoyenne à part entière. Aujourd’hui, elles prennent la parole pour nous raconter comment elles ont choisi de vivre face à ce destin de femme qui leur était imposé. Elles nous embarquent avec humour, tendresse, force et courage dans ce qui a été leur quotidien, leurs questionnements, leurs renoncements, leurs actions. Employée ou femme au foyer ; mariées, divorcées, mère de famille nombreuse, mère célibataire ou sans enfant… Leurs souvenirs, comme des fusées, jaillissent et éclairent le chemin qui reste à parcourir.

Ensemble, nous interrogeons nos vies ordinaires, celles que nous vivions sans même y penser. Nous parlons des choses communes, de ce qui est, de ce que nous sommes, de ce que c’est qu’être une femme libre.

Produit par TS Productions et Marianne Productions, en développement.

« Il n’y a qu’un présent immobile encerclé d’un mur d’angoisse. » Le livre de l’intranquillité, Fernando Pessoa

Beshar est né au Kurdistan d’Irak en 1979. Il n’a connu que la guerre. En 2014, menacé par Daesh, il choisit de fuir laissant – pour un temps, pensait-il – sa femme et ses deux enfants. Beshar est arrivé en Suisse, cela fait huit ans. C’est un père, emprisonné à ciel ouvert, qui attend l’arrivée de sa famille sans savoir si ce jour viendra. Une double délivrance incertaine : il les sauvera de l’enfer irakien, ils le sauveront de sa condition d’exilé à perpétuité. Seul, à Genève, reclus dans un appartement, il lui est interdit de quitter la Suisse, et de travailler. Dans un présent immobile, hanté par ses souvenirs, il devient fou d’attendre.

Produit par TS Productions et Marianne Productions, en tournage.

Tout ce que je leur dois est un travail documentaire et photographique donnant la parole à cent femmes nées au début du XXe siècle. Elles nous embarquent avec humour, tendresse, force et courage dans ce qui a été leur quotidien, leurs questionnements, leurs actions. Chaque histoire personnelle résonne avec l’Histoire. Dès lors s’articule un récit singulier destiné à faire retentir un écho universel. Je ne tire pas le portrait de ces femmes, je le tisse. Leurs portraits et nos voix se répondent pour former une œuvre défigeant le temps révolu afin d’entendre de lui l’épopée de femmes qui nous ont précédées.

Lauréat du Fonds Régional pour les Talents Émergents FoRTE Ile-de-France et soutenu par Leica.

Colorisation : Nadège Abadie et Jordan J. Lloyd.
Mordançages : Nadège Abadie et Amandine Julien.


Paris, VIIIe. Quartier chic.
Arthur, Célia, Govely, Helder, Julie et Maciga habitent dans un foyer de jeunes travailleurs. Ils sont apprentis cuisiniers, pâtissiers, commis ou serveurs dans les plus grands palaces parisiens. Nous discutons : travail, harcèlement, famille, amour et traversées.

Maciga, 19 ans : « Mes parents me disaient : quand tu fais des beaux rêves, il ne faut pas les raconter à tout le monde. C’est pareil pour les mauvais rêves. »

Carte blanche de la Ville de Paris.
Avec le soutien de l’Espace Beaujon, de la Mairie de Paris et du FJT Beaucour.

Un monde chloroformé par la chaleur, oscillant entre la douceur du foyer et l’aveuglement de l’incendie. Paris est silencieuse, la fièvre est collective. Le téléphone et la radio continuent de tousser. Le temps n’existe plus.
Tout est très proche et très loin, trop proche ou trop loin. Je ne sais plus.

Il faut que je me décolle du téléphone. La correction automatique ne fonctionne plus :
Je t’embrase monde de miasmes.

Lauréat du Fonds Photographique d’Auteurs Contemporains, avec le soutien du Ministère de la Culture.

Silences d’exils est une expérience humaine et poétique. De 2016 à 2019, Nadège Abadie et Marina Skalova proposent des ateliers d’écritures et de photographie à des hommes et femmes exilé.e.s en Suisse. Une recherche autour de la langue et sa perte, la parole et son absence, le mutisme et la disparition. Dans ce tissage subtil, les éclats de voix plurilingues convoquent les souvenirs de l’auteure et le regard de la photographe. Leurs gestes artistiques se rencontrent pour garder trace des passages, dire le manque. Tout en posant la question : qu’est-ce qui reste ?

Avec le soutien des villes de Genève et de Bienne, de l’Office de la culture du Canton de Berne, de la Roseraie, de C-FAL, des Loteries Romandes Neuchâtel et Genève.

Blurred-grained-mountainous-daily-loved Paris.

J’habite à Paris, en haut de la rue de Belleville. Je photographie les gens que je croise à ce carrefour et aux alentours. Je traque ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour: le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, le bruit de fond, l’habituel. J’interroge ce qui semble ne plus nous étonner afin de retrouver quelque chose de l’étonnement dans une tentative d’épuisement d’un carrefour parisien. Avec du flou, du grain, de la sueur, des rires, des gueules, des fâcheries, des montées et des descentes.

Quand Paris crépite.

Travail en cours dans les quartiers de La Banane, Belleville, Place des Fêtes et Combat.